Hors Champ, L'Animation Socioculturelle en Tunisie

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Amère réalité. L'Inspecteur résumé dans ses prestations

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Dans la pratique, l’inspecteur est affecté à un gouvernorat et travaille avec un groupe d’animateurs répartis sur les institutions de jeunesse de la région. Le groupe compte entre vingt et trente animateurs (cela dépend de la région, du nombre total des animateurs et du nombre des inspecteurs).

Il est à noter que le groupe des animateurs est hétéroclite, ainsi que les institutions :

  • Animateurs stagiaires
  • Animateurs titulaires
  • Animateurs des maisons des jeunes
  • Animateurs des maisons des jeunes itinérantes
  • Animateurs des unités d’animation des quartiers
  • Animateurs des Bus informatiques
  • Animateurs affectés dans les centres de stages et vacances

Et malgré cette différenciation entre les statuts et milieux de travail, aucune distinction n’est faite entre les animateurs, ils sont supposés faire le même travail, et l’inspecteur a à gérer cet état des choses avec tout ce que cela suppose au niveau de l’accompagnement, le suivi, l’évaluation et la formation.

 

 

1.Les opérations qu’effectue l’inspecteur 

1.1. Les visites  d’institutions

Elles sont axées sur l’infrastructure, l’aménagement des espaces, l’équipement, les cadres administratifs, les ouvriers. Visites sanctionnées par un rapport, une fois l’année pour chaque institution. Seulement ces rapports restent limités puisque n’impliquant que l’institution que comme un « vase clos », ignorant son environnement, ses caractéristiques et tout ce qui s’y rattache. Données fort importantes dans leurs impacts sur l’institution. En les passants sous silence, l’inspecteur renforce dans un certain sens le caractère « cloisonné », renfermé de l’institution qui cultive avec ses animateurs, consciemment ou inconsciemment cette tendance supposée sécuritaire qui est le « cloisonnement », un bâtiment protégé par une enceinte avec des clubs protégés par des techniques, des « formateurs » et des horaires spécifiques.

1.2. Les visites des animateurs

Essentielles pour les stagiaires, elles sont axées essentiellement sur le côté pédagogique du travail, les programmes, les projets, les emplois du temps. Elles permettent à l’inspecteur un certain suivi des prestations des animateurs et de l’institution d’une manière générale, et aussi d’accompagner les stagiaires dans leur intégration. Là aussi, chaque visite est sanctionnée par un rapport qui théoriquement doit aider dans l’évaluation du travail réalisé ou en cours de réalisation. Seulement ces visites sont trop peu nombreuses mettant en doute, du coup leur fiabilité. Quel que soit le nombre d’informations collectées au cours d’une visite, il reste en deçà du minimum requis pour pouvoir évaluer.

1.3. Les visites dites  « d’inspections ».

Dénomination des visites sanctionnées par une note. L’animateur titulaire a droit, toutes les deux années à cette « inspection » qui consiste en une séance d’animation supervisée par l’inspecteur.

Il s’agit donc là de l’opération qui est supposée être l’évaluation du travail de l’animateur basée sur sa prestation lors de la séance, la tenue de ses documents de travail (le journal, les fiches) et le rapport de la dernière visite. La note octroyée est dite « note pédagogique », elle est tributaire d’une grille basée elle-même sur l’ancienneté de l’animateur et l’observation/mention « méritée » par l’animateur.

Il est clair que cette évaluation ne diffère de la séance de « visite » que par le fait qu’elle est couronnée d’une note, déjà c’est le même formulaire qui est utilisé en guise de rapport.

1.4. Le suivi.

Il s’agit ici, essentiellement des projets d’institutions assimilés souvent à des manifestations. L’inspecteur discute en début d’année, le projet imaginé par le groupe des animateurs de l’institution, et assiste à la concrétisation des différentes manifestations. Les rapports issus de ces suivis ressemblent plus à des procès-verbaux et sont souvent dénués de toute analyse critique, l’évaluation par rapport aux projets initiaux restent sommaire.

La formation. Il s’agit là d’une formation régionale, souvent sous forme d’une demi-journée consacrée à un thème ou une technique d’animation donnée. Une session de deux journées par gouvernorat peut être programmée. Le programme et calendrier sont établis par l’inspecteur en début d’année après concertation avec les animateurs de la région lors d’une réunion d’information. Et souvent c’est les animateurs qui choisissent les thèmes et sujets des formations.

Le Comité Pédagogique Régional est supposé être, entre autres, un vecteur de formation. Certaines de ses réunions sont même, consacrées à des formations ponctuelles traitant des techniques d’animation, des objectifs, etc. 

2. Autres prestations de l’inspecteur.

L’inspecteur est aussi appelé à accomplir d’autres missions qui peuvent être commandités par la Direction générale de la jeunesse, ou le commissariat régional, comme les enquêtes (en cas de situation-problème, du genre conflits entre personnes, mauvaise gestion de l’institution, etc.).

L’inspecteur est aussi appelé à assister aux séminaires organisés par la cellule de suivi (deux par année). Séminaires qui cumulent formation, discussions et échanges, les programmes sont décidés par la cellule. Il s’agit là de la seule opportunité de rencontre de tous les inspecteurs. 



27/02/2014
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