Hors Champ, L'Animation Socioculturelle en Tunisie

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Questions « bêtes » et très méchantes

 

Après toute une année à batailler pour comprendre pourquoi la révolution nous est passée sous le nez ? Comment nous qui vivons notre quotidien parmi les jeunes et à fortiori l’observatoire de la jeunesse n’avons rien vu venir ? Et puis pourquoi nous ne sommes pas arrêtés aux réalités qui nous été lancées à la figure pour profiter du changement et repenser tout notre travail, ses objectifs et tout ce qui tourne autour et proposer de nouvelles pratiques qui seront conformes à notre statut d’animateurs socioculturels ?

Mais, je dois l’avouer, je me suis toujours cogné au mur à chaque hypothèse qui j’avais échafaudé. Et voilà que le présent me renvoie à de nouvelles questions que j’estime graves, puisqu’il y va de notre identité, de nos fonctions et rôles dans la société qui nous échappent chaque jour un peu plus et s’entourent d’un brouillard sans fin.

En voilà quelques-unes des questions qui me taraudent l’esprit en ce temps de sit-in, de barricades et de revendications aussi nombreuses que diverses, organisés et orchestrés même par des jeunes.

  • L’animateur n’est-il pas « un acteur social » qui se doit d’être bien intégré dans la société, de comprendre ses rouages, ses tenants et ses aboutissants ?
  • L’animateur n’est-il pas la personne qui a été formé pour observer son environnement et s’en inspirer pour proposer des projets d’activités ?
  • L’animateur n’a-t-il pas parmi ses fonctions l’accompagnement du jeune pour faciliter son intégration sociale ?
  • L’animateur, travaillant dans le troisième milieu, n’est-il pas la personne la plus proche du jeune qui lui facilite l’expression et la communication et de là, être la personne la plus apte à comprendre ses soucis, problèmes et angoisses ?

Alors, et j’arrête là le flux des questions, est-ce qu’on va encore laisser passer cette occasion qui pourrait nous permettre de nous réapproprier notre statut réel dans la société et l’imposer. Nous qui avons toujours accusé « la société » de ne pas nous reconnaître.

N’est-ce pas là une occasion en or pour rendre service aux jeunes, à la société et au pays, en imaginant des projets qui pourraient amener les jeunes au dialogue sain, sans violence, en leur permettant de s’exprimer, d’échanger, communiquer, et de réfléchir et de là comprendre et aider à trouver des pistes de solutions ?

 

 

 

 

C’est utopique ? Non ! je ne crois pas, avec maintenant les outils multimédias, avec les possibilités infinies qu’offrent le numérique et internet, il est possible de mettre en place des projets qui peuvent amener les jeunes à y participer et à les développer. Si on table sur un seul objectif, permettre au jeune de construire son discours de revendication au sein d’un groupe et de lui donner la possibilité de diffuser ce discours tout le reste suivra. Par exemple œuvrer pour mettre en place un réseau régional de discussion (Facebook, Twitter, visioconférence, etc.) que les jeunes gèreront et le développeront pour qu’il devienne national.

Je pense qu’il est possible que les animateurs d’une région puissent trouver des idées de projets qui amèneraient les jeunes à y participer, en partant des réalités de la région, des vraies questions qui taraudent les jeunes et des meilleures approches pour garantir l’adhésion des jeunes.

Le feront-nous ? Ou bien l’apathie qui nous gangrène est tellement ancrée en nous qu’elle a entrainé une paralysie généralisée ?



18/01/2012
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