Hors Champ, L'Animation Socioculturelle en Tunisie

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Le Gigantesque Chantier à entamer au plus vite

Le domaine de la jeunesse doit absolument se remettre en question s’il veut avoir une place dans la fresque sociale et y jouer les rôles importants voire essentiels qu’il a à jouer. La société tunisienne est en pleine mutation et les nouvelles assises ne souffriront aucun retard ni aucun retardataire.

Le Ministère de la jeunesse et des sports et de l’éducation physique a devant lui un énorme, un gigantesque chantier nommé « Jeunesse ». Un chantier qui ne doit pas être l’affaire d’une poignée de responsables, mais de tous, absolument tous les acteurs et à tous les niveaux.

Il est impératif de tout revoir, tout analyser, tout repenser, les changements se doivent d’être radicaux.

C’est dans ce sens que je m’autorise d’avancer QUELQUES « variables », j’en oublie certainement d’autres. Je les énonce en partant de la réalité de l’état des lieux et de l’idée que rien ne peut changer (TANT QUE ):

1. TANT QUE  Les lieux d’implantations des maisons des jeunes ne sont pas remis en cause.

2. TANT QUE  L’aménagement des espaces reste un vain mot.

3. TANT QUE  Le budget de fonctionnement des institutions reste en deçà des besoins.

4. TANT QUE  La gestion du budget n’est pas l’affaire de l’équipe d’animation.

5. TANT QUE  Le commissariat régional gère les budgets des institutions.

6. TANT QUE  Le commissariat régional intervient d’une quelconque manière dans les programmes pédagogiques des institutions.

7. TANT QUE  L’institution se cloitre dans ses murs et fonctionne indépendamment de son environnement.

8. TANT QUE  L’équipement est décidé et choisi par la Direction centrale.

9. TANT QUE  L’indemnité du Directeur reste dérisoire.

10. TANT QUE  Le projet d’institution n’est pas sa principale stratégie de fonctionnement.

11. TANT QUE  Les objectifs de l’existence même de l’institution maison des jeunes ne soient réfléchis, tenant compte de la réalité de son environnement, des caractéristiques de ses jeunes, de leurs réelles attentes, des objectifs clairs, et bien définis.

12. TANT QUE  L’animateur se prend pour un fonctionnaire.

13. TANT QUE  L’animateur n’est sécurisé que dans son petit club avec sa petite technique.

14. TANT QUE  Le terme « dynamique de groupe » se distingue par son obscurantisme.

15. TANT QUE  L’animateur n’est pas profondément persuadé que sa seule spécialité est la gestion des groupes de jeunes, et non une quelconque technique d’animation.

16. TANT QUE  Le jeune n’est pas impliqué directement dans le fonctionnement de l’institution à tous les niveaux.

17. TANT QUE  L’animateur croit ou se persuade de croire que le jeune attend de lui une quelconque formation technique.

18. TANT QUE  La notion d’Accueil dans une maison des jeunes n’est pas l’affaire des animateurs.

19. TANT QUE  L’animateur attend les directives pour bouger, censurant lui-même sa propre créativité.

20. TANT QUE  Le statut de l’inspecteur de la jeunesse reste flou dans ses relations avec le commissariat régional et la Direction Générale.

21. TANT QUE  L’inspecteur joue sur deux « scènes » diamétralement opposés, la pédagogique et la « policière ».

22. TANT QUE  L’inspecteur ne croit pas en l’observation et l’écoute actives comme principaux outils de travail, et que sa formation en ces domaines nécessite beaucoup de travail.

23. TANT QUE  L’inspecteur ne mise pas sur la recherche pour une meilleure formation et une politique d’accompagnement des animateurs plus efficientes.

24. TANT QUE  L’inspecteur est persuadé que sa principale fonction est l’évaluation, une évaluation qui s’inspire uniquement d’une grille, elle-même douteuse.

25. TANT QUE  La notion « d’accompagnement » reste une notion flottante que chacun interprète à sa manière en fonction de sa propre formation et ses propres convictions.

26. TANT QUE  L’administration centrale juge l’inspecteur sur ses rapports d’activités et non sur ses réelles compétences.

27. TANT QUE  L’inspecteur œuvre sans une véritable stratégie de formation basée sur la recherche elle-même basée sur l’état des lieux.

28. TANT QUE  L’inspecteur croit que son titre fait foi par rapport à formation et compétences.

29. TANT QUE  L’administration centrale n’instaure une Direction de la Formation qui planifie à long terme, et au niveau national.

30. TANT QUE  L’idée que la formation est une affaire régionale ne soit révisée minutieusement.

31. TANT QUE  Les responsables pensent que le plus important dans la formation c’est son thème et des fois la cible, et négligent totalement toute la logistique.

32. TANT QUE  La formation est assurée par des formateurs choisis par ouïe dire, découlant d’une absence d’un vrai panel de formateurs avec des cv, et des parcours reconnus.

33. TANT QUE  Le fossé entre la formation programmée par Bir El Bey et la réalité du terrain, se creuse d’année en année.

34. TANT QUE  Aucune réelle collaboration directe, entre le conseil scientifique de l’Institut de Bir El Bey et la Direction centrale de la jeunesse, n’existe.

35. TANT QUE  Aucune stratégie de formation continue commune (Bir El Bey et Direction générale de la jeunesse) n’est mise en place.

36. TANT QUE  Qu’il n’existe aucune publication digne de ce nom, qu’elle soit de formation, d’information ou autre.

37. TANT QUE  Le portail de la jeunesse reste ce qu’il est, un ramassis d’articles noyés dans ceux du sport et d’un amateurisme des plus médiocres.

38. TANT QUE  Le tout numérique tarde à venir, en commençant par les signatures numériques, les bases de données, etc.

39. TANT QUE  L’image de marque des institutions reste floue, et qu’aucune stratégie d’amélioration n’est mise en place.

40. TANT QUE  L’observatoire de la jeunesse reste la fenêtre unique pour l’information des jeunes et encore !

41. TANT QUE  L’observatoire ne met pas son énorme budget au profit de réelles recherches impliquant les spécialistes de tout bord pour baliser les routes que peuvent suivre les institutions de jeunesse.

42. TANT QUE  L’observatoire ne base pas ses recherches sur des problématiques imposées par les besoins des institutions.

43. TANT QUE  L’observatoire ne se débarrasse pas de cette manie de programmer un séminaire et ensuite de dormir sur ses lauriers.

44. TANT QUE  L’observatoire ne se débarrasse pas de l’idée qu’il est le seul détenteur et diffuseur de l’information, choses qu’il n’assure d’ailleurs pas.

45. TANT QUE  L’observatoire avec ce qu’il collecte des ministères et autres instances ne se crée pas une publication périodique.

46. TANT QUE  Les échanges (extérieurs) restent une énigme, tout est secret, les programmes, les critères de choix des participants.

47. TANT QUE  Ces échanges restent sans conséquences directes sur le domaine.

48. TANT QUE  Le Ministère ne met pas en place une compagne d’information à grande échelle, aussi longue que possible, et usant de tous les moyens et supports d’information avec pour seul objectif l’image de marque des institutions de jeunesses.

49. TANT QUE  Le statut des Maisons des jeunes reste un projet, un sujet de discussion, dont il n’existe même pas un brouillon.

50. TANT QU’On continue (à tous les niveaux, local, régional, et national) à fonctionner essentiellement en fonction des relations interpersonnelles et de leurs étendues, ne tenant aucun compte des compétences et des aptitudes. Et en confondant relations de travail et relations personnelles.

Il reste bien sûr beaucoup d’autres points importants qui doivent être mis sur la table, révisés débattus pour des changements qui garantissent la meilleure « mutation » possible. J’en citerai à titre d’exemples quelques-uns :

· Les Maisons des jeunes itinérantes. Leurs modes de fonctionnement doivent s’adapter aux nouvelles réalités des zones rurales du pays, ce qui suppose des études monographiques sérieuses impliquant toutes les compétences possibles.

· Les Unités d’Animation de quartier. Là tout est faire, il n’y avait aucune stratégie de travail, et si elle a existé il faut sans hésiter la renier sans s’y attarder, et très vite remettre les pendules à l’heure pour les débarrasser de toutes les connotations accumulées.

· Les Bus internet. Là aussi tout est à instaurer en partant des équipements (très mal pensés, donc inadaptés), en passant par la stratégie de travail et surtout la formation spécifique des animateurs.

 

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28/06/2011
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